Des Champs Elysées à Waterloo Road, juste une histoire de traduction?

transcréation pas juste une histoire de traduction

Juste une histoire de traduction?

Ce week-end j’écoutais la radio tout en cuisinant. Sans vraiment y penser, j’ai commencé à fredonner la chanson qui passait.

“Pararara”

Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite…

“Aux Champs Elysées”, “Parara”

Jusqu’à ce qu’au refrain suivant, je reprends de plus belle:

“Auuux Champs Ely…”

Hein?? Quoi??

Waterloo Road?? 

Mais qu’est-ce qu’ils racontent! Ils sont pas bien!!

>> C’était donc la version anglaise!

Une fois remise de mes émotions de ne jamais avoir capté qu’il y avait une version anglaise à ce grand classique de Joe Dassin…hum… 

Je me suis dit:

Mais c’est vachement malin de part de Jason Crest (le chanteur de la version anglaise) de ne pas avoir gardé les Champs Elysées dans sa “traduction“?

Tout simplement parce que ce n’est pas une traduction! 

Il a voulu adapter son texte au public auquel il s’adresse. Il s’agit bien d’une transcréation.

Drôle de mot, n’est-ce pas. 😉

Avant de développer un peu le sujet, je te laisse quand-même le morceau, histoire de mettre un peu l’ambiance (oh, oui, ça va, j’aime bien les vieux bazars! 🙃)

La transcréation, à mi-chemin entre la traduction littérale et le copywriting

La transcréation prend le concept et les messages clés du contenu d’origine et les adaptent et les transposent dans une autre langue en préservant le style, le ton et l’intention.

Cette transposition tient compte de la langue, de la culture et du pays pour qu’elle provoque une émotion similaire à celle du message de base

Le terme “transcréation” est apparu dans les année 90 dans le monde du marketing pour aider les grandes multinationales à s’étendre en réussissant à transmettre leur message dans différentes langues et à différentes cultures. 

C’est un mélange des mots “translation” (traduction en anglais) et “creation” (création en anglais). 

Nous sommes bien quelque part entre la traduction et le copywriting. Cette technique permet une certaine créativité pour faire passer le message. 

Il ne s’agit plus du tout d’une traduction littérale “mot à mot” mais plutôt “message à message”.

Un avantage notable est qu’une marque peut segmenter son public et s’adresser à chacun en respectant: 

  • son langage 
  • sa région
  • son dialecte
  • sa culture
  • ses coutumes

Elle peut ainsi s’étendre sans limite grâce à la puissance des mots

Grâce au développement du marketing digital notamment les marques voient tout à coup des milliards d’utilisateurs chercher des services et des produits partout dans le monde. 

La transcréation est un moyen de traverser les frontières de la langue et de la culture.

Pourquoi ne pas se contenter d’une simple traduction?

La traduction automatique

Tu es peut-être en train de te dire que tout le monde n’a pas forcément besoin de créativité pour s’adresser à un public dans une autre langue. 

C’est vrai. 

Tu pourrais même te contenter de passer par un outil de traduction automatique. Celui-là je te le déconseille tout de même puisqu’il ne tient pas du tout compte des nuances et des possibles connotations différentes que pourrait avoir ton texte. 

La traduction directe

L’option suivante est de passer par un.e traductuer.trice. 

Elle peut être tout à fait bonne pour te proposer à de nouveaux marchés.

Mais imaginons que ton slogan rime en français, la traduction directe ne fonctionnera pas. 

D’autre part, chaque langue (et chaque région) a ses spécificités. Pour ma part, je travaille avec des clients francophones et hispanophones. Je ne m’adresse pas du tout à eux de la même façon. 

C’est pareil avec des anglais. Il y a d’ailleurs des différences entre américains et anglais aussi. Et ainsi de suite avec les autres langues.

Il est très important d’adapter le langage pour se faire comprendre correctement.  

La transcréation

La transcréation t’ouvre les portes d’un contenu localisé s’adressant à tout type de marché international. 

  • Elle préserve les effets émotionnels
  • Elle s’adapte au public visé
  • Elle peut s’éloigner du texte original pour en faire passer un message plus proche

Mais attention. 

Pour cela, l’étude de ton client idéal dans ce nouveau marché est évidemment la première étape.

Quelques malheureux exemples

Pour terminer cet article sur un ton d’humour. Je te propose quelques exemples de slogans comme qui dirait un peu ratés à la traduction. 

Ils sont connus mais c’est toujours drôle de les revoir je trouve. 😅

American Airlines, “Fly in leather”

American Airlines a voulu faire la promotion de ses nouveaux sièges en cuir sur ses vols de première classe au Mexique il y a quelques années. 

Le slogan en anglais était 

Fly in leather

Il a malheureusement été traduit en espagnol par

Vuela en cuero

5 errores de traducción que arruinaron campañas marketing - French Translations

Dommage! 

En espagnol cette expression veut dire “Vole à poil”. Plutôt drôle pour une compagnie qui voulait mettre en avant le luxe de son investissement. 😆

Electrolux, Rien ne craint plus qu’un Electrolux

La marque scandinave pour lancer sa campagne d’aspirateurs aux Etats Unis voulait convaincre son public que leurs appareils aspiraient mieux que les autres. 

Pas sûr qu’ils aient été très convaincants…

Annonser vi minns – och förfasas över | SvD

Ils voulaient dire

Rien n’aspire mieux qu’un Electrolux

Et ils ont écrit

Rien ne craint plus qu’un Electrolux

Ça ne motive pas trop à l’acheter!

Mango et ses bijoux Esclave

Non.

Mango n’avait pas pour intention de remettre l’esclavage au goût du jour quand ils ont sorti leur collection “Esclave” (qui a été renommée depuis 😉).

Les bijoux

Ils ont probablement jugé inutile de faire relire leurs textes par une personne connaissant un peu mieux les bijoux en France (ou faire appel à un.e transcréteur.trice 😊).

Oups.

En espagnol une “esclava” c’est un bracelet simple sans ornement. C’est pas trop la même chose qu’un.e esclave!! 

Et toi? Tu as déjà fait appel à un service de traduction ou transcréation? 

N’hésite pas à m’en parler en commentaires et si tu penses que cet article peut être utile à quelqu’un d’autre, partage-le, renvoie-le, aime-le, tout ce que tu veux 😊.

Si tu as d’autres exemples de traductions ratées rigolotes, pense à nous et raconte-les en commentaires!

 

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10 réflexions au sujet de “Des Champs Elysées à Waterloo Road, juste une histoire de traduction?”

  1. C’est vraiment très drôle ces examples, c’est vrai qu’il faut se méfier des mots et de leur signification pour une autre personne, j’adore la pub pour les aspirateurs, j’en ris encore Remarque c’est gagné s’ils veulent se faire remarquer et c’est peut-être parfois le but du marketing !

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    • Merci Lara!
      C’est sûr que pour les aspirateurs c’était une bonne façon de faire parler d’eux en arrivant sur le marché américain.

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  2. Et bien je ne connaissais pas ce mot de “transcréation”, et je le trouve très bien ! ça rajoute de la poésie et fait aussi travailler notre imaginaire. Attention tout de même aux fautes de gouts (“esclave” !! Sérieux !!) . Merci pour cet article Nadia

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    • Merci Nico!
      Effectivement c’est un terme qui est peu connu mais qui mériterait d’être appliqué plus souvent. Je suis encore tombée récemment sur des coquilles de traduction dans des documents techniques qui pour le coup changent pas mal le sens du texte!
      Le coup de l’esclave, c’était très gros oui!

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    • Merci Damien!
      Effectivement, peu connu. Le monde du copywriting, qui n’est pourtant pas né hier, est encore très méconnu.

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  3. Excellente anecdotes tirées de réelles boulettes de traduction. Très amusant. Cela me fait aussi penser à toutes les chansons françaises des années 60/70/80. La grande mode des reprises transcrées. 😉

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    • Merci Walid!
      Oui, c’est vrai qu’il y a eu une grosse mode à un moment pour la transcréation des chansons (parfois mieux réussies que d’autres ).

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  4. Nadia ton article est Top !!! Pour avoir vécu à l’étranger de nombreuses années dans divers pays j’ai pu constater les ravages de la traduction bâclée et littérale sans prendre en compte les spécificités culturelles et linguistiques des publics ciblés . Tes examples m’ont fait bien rire 🙂

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    • Merci beaucoup Eric!
      Oui, c’est vrai qu’il y a souvent matière à rire (voire à pleurer!!) quand il s’agit de traductions ratées ou bâclées.

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